On s’est fait une bataille d’oreillers géants au ralenti dans la forêt

© Patrice Saucourt

[ Novembre 2017. Il me fallait absolument vous raconter. ]

Parfois, je danse, d’autres fois, je m’en vais regarder les autres. Ce soir-là, je me suis laissée surprendre.

Vous savez, la danse contemporaine, ce truc bizarre pour lequel il faut parfois être capable de construire un scénario dans sa tête pour tenter de comprendre de quoi il s’agit ? (ou fumer un joint avant) (y paraît hein, moi je sais pas, bisous maman ). Ce soir-là, question scénario, j’étais au top : trois pièces d’affilée se succédant sur scène, était-ce trop ambitieux pour moi, après une semaine épuisante? Fatigue accumulée, attention flottante, j’ai laissé divaguer mon esprit. Et puis je me suis pris une claque.

« Ok les gars, je galérais avec ma couette, j’arrivais pas à enfiler la housse, c’était chiant. 20 minutes au moins j’ai bataillé, j’ai même réussi à m’enfermer dedans, quel con ; alors des potes sont venus m’aider, ils sont sympas, mais ils avaient aussi des problèmes de linge de maison. »

Happening Birthday – © Saucourt

« Alors comme on n’y arrivait toujours pas, on a dit merde, on a tout plaqué et on est allés se faire une bataille d’oreillers géants au ralenti dans la forêt. C’était chouette, on a croisé plein d’animaux. »

Rainforest – © Laurent Philippe

« D’autres potes nous ont rejoints, et je sais plus bien comment la soirée s’est terminée, on a dû bien picoler ou quoi, en tout cas le lendemain, j’vous dis pas le bordel avec les fringues, on savait plus quel pantalon et quelle jupe étaient à qui. On a bien essayé de remettre tout dans l’ordre mais comme on avait encore bien 3 grammes dans chaque bras, on s’est dit on s’en fout, restons à poil et faisons une chorale plutôt. »

This concerns all of us – © Patrice Saucourt

J’en étais là de mon petit scénario joyeusement grotesque, mais d’un coup j’ai bien senti que le truc montait un peu en puissance, et qu’il faudrait bien que j’abandonne mon second degré…. Et là… Mes loulous… Nous voilà tous embarqués dans le délire du chorégraphe et des danseurs. TOUS. Obligés. Par les yeux, les oreilles, le nez, les tripes. Un final de dingue. Je n’ai jamais vu ça. Jamais.

© Laurent Philippe

Voilà comment j’ai commencé une soirée les pieds sur terre, et comment je l’ai finie debout, la tête dans les nuages et les larmes aux yeux, mais avec un sourire certainement visible sur tout le corps, j’en mettrais ma main à couper.

Et à côté de moi, une petite spectatrice de 10 ans au prénom rempli d’étoiles, qui n’en a pas perdu une miette, et qui dansait encore, quelques minutes plus tard, en regardant son reflet dans la vitre de l’arrêt de bus.

Avec un peu d’imagination, la danse, cela nous concerne tous.

6 commentaires sur “On s’est fait une bataille d’oreillers géants au ralenti dans la forêt

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    1. Oh ! Je me verrais bien attachée de presse d’une compagnie de danse ! Faudrait que j’assiste à tout plein de répétitions de danseurs en sueur. Pour bien m’imprégner de l’essence de la pièce. Vraiment vraiment bien 😇

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